
LA GRANDE DUCHESSE
DE GÉROLSTEIN
Représentations
Création 2027 Opéra de Rouen
les 24, 26, 28, 30 septembre 2027
Billetterie sur le site de l'Opéra de Rouen
Reprise à l'Opéra de Toulon en 2028
Calendrier en cours
Avant tout le plaisir ! Offenbach par sa musique, Halevy et Meilhac par leur livret ont écrit des opéras-bouffes pour parler des travers de l’humanité grâce au rire et à la joie.Nous nous attachons à suivre cet élan : s’amuser malicieusement de notre mauvaise foi et de nos luttes face à nos défauts.
PUCK, précepteur de la Grande-Duchesse :
- Vous savez pourquoi nous faisons la guerre ?...
GENERAL BOUM :
- Moi ?… Pas du tout !
PUCK :
Je vais vous le dire… la Grande-duchessevjusqu’à présent, nous a laissé le pouvoir ; mais j’ai remarqué que, depuis quelque temps, elle s’ennuie… il faut que je lui trouve une distraction… Alors, j’ai fait déclarer la guerre… et voilà !…
Tout est dit dans ces quelques lignes, la satire est en place et ceux qui risquent leur vie n’ont pas leur mot à dire… La Grande-duchesse de Gérolstein du haut de ses 150 ans, nous parle joyeusement de ce qui n’a pas changé : la guerre.
Nous plaçons le duché de Gérolstein dans futur dystopique. Le monde suite à des guerres répétées se trouve sans véritable moyen de production. Les technologies à disposition sont éparses. Il ne reste pas toutes les bonnes munitions, pas tous les bons câbles et les bons équipements. C’est une guerre Vinted ! Les M16 cohabitent avec des canons à poudre, des talkies-walkies et... c’est le grand retour des sabres et des chevaux !Les ressources ont été usées : l’air, le sol, la nourriture sont pollués. La hiérarchie entre puissants et citoyens se reconnait par leur niveau de protection. L’élite porte des combinaisons étanches en latex coloré, le trouffion porte des ponchos et des sacs poubelles. Wanda et Fritz sont les
représentants du peuple, poupées de chiffons à disposition des manœuvres des puissants.
Nous souhaitons un discours clair, nous rions de la guerre, de ceux qui la décident et de ceux qui la subissent sans oublier qu’elle tue et détruit.
Nous sommes dans les ruines d’une forteresse où les murs tiennent grâce à des sacs de sable. Selon les nécessités, ils peuvent être déplacés pour créer trappes et passages secrets. Un plateau tournant nous permet de transformer les rapports à l’espace. Tout semble se passer au même endroit mais en le tournant de quelques degrés, nous renouvelons l’image et changeons les lieux des diverses manigances et conspirations. Cet espace est un refuge à tout vivre : entre cantine, infirmerie, dépôt d’armes, boudoir, camp militaire, salle des pendus. L’entrée principale est protégée par un rideau de lames de plastique. Un gaz vert, certainement toxique, accompagne l’arrivée des personnages telle une entrée digne des plus grands concerts de rock. Nous transposons l’ironie d’Offenbach : faire du rire avec le pire, avec le trop ... Le reliquat des guerres précédentes inutilisable est recyclé. Les anciennes boites de têtes nucléaires servent de lit, un char d’assaut rouillé devient une grande casserole, les fusils sont des balais.
Ainsi tout le monde est plus ou moins dégingandé, nous n’avons pas une armée triomphante mais des soldats blessés de toute part, bras en écharpe, pieds boiteux, bandeaux de pirate, cicatrices et brûlures purulentes dues aux irradiations… C’est un genre de gore délicieux et amusant. Notre armée est bien risible et il faudrait être fou pour l’envoyer combattre à nouveau. Les puissants de la pièce ne le sont peut-être pas totalement mais leurs décisions capricieuses ont des conséquences effrayantes sur le reste du monde. Nous avons affaire à des personnages bêtes, méchants et autocentrés. Nous font-ils penser à quelques dirigeants actuels ? Probable !
La mise en scène de La grande-duchesse de Gerolstein s’ancre au sein d’un dyptique autour de deux œuvres d’Offenbach. Elle résonne avec celle de La Belle Hélène créée en 2025. Il s’agit de deux relectures dans un futur dystopique. Nous tournons en dérision le jeunisme, la surconsommation et le mépris de classe ambiant dans une gestuelle conviviale et dansante.
Attentifs au processus de production et à la provenance des matières, nous travaillons au réemploi d'éléments en s'appuyant sur les savoirfaire des opéras : réemplois de sols, d'éléments scénographiques réadaptés pour les productions, teintures des costumes issus des stocks ou structuration de vêtements issus de seconde main, création d'accessoires à partir d'objets préexistants...
Enfin, nous dirigeons les artistes dans un jeu qui prend son essence dans la comedia dell’arte, comme base incontestable de jeu vif, rythmé, expressif. L’interprète rencontre l’objet et le costume pour créer des corps grotesques, dansants et exaltés dans une réalité qui restera, nous l’espérons, de l’ordre du fantastique !
Masson & Gibelin 2025
Note d'Intention
Équipe de création 2027
Production :Opéra de Rouen
Coproduction : Opéra de Toulon
Direction musicale : en cours
Mise en scène : Alice Masson et Quentin Gibelin
Chorégraphie : Alice Masson
Décors : Anne-Sophie Grac
Costumes : Quentin Gibelin
Lumières : Clémentine Pradier
Assistant à la mise en scène : Nicolas Poix
Distribution
En cours